Que faire de mes dix doigts ?

 

La préhension ou l’art de conserver sa dextérité face aux objets.

Lorsque l’annonce de la maladie est formulée, la personne doit surmonter l’information et l’épreuve qu’elle représente.
Malgré une éventuelle révolte, il faut finalement l’accepter et tout faire pour garder le contrôle de la situation.

 

Des transformations physiques s’installent progressivement lorsqu’on souffre d’une maladie neurodégénératives. Il faut alors s’adapter.

Le mieux est de parfaitement connaître sa pathologie pour être préparé aux modifications futures de la vie.
Si le patient doit arrêter son travail, une partie de son identité risque d’être détruite.
Dans tous les cas, les personnes qui s’informent sur leur état gardent un bien meilleur contrôle de leur vie, elles restent autonomes plus longtemps.

 

Il est quand même possible de garder un quotidien normal en essayant de s’adapter, de contourner les obstacles et de s’exercer très régulièrement pour garder son agilité.

Le malade devra faire des mouvements volontaires à perpétuité. Chaque mouvement doit être initié et le quotidien est constitué de gestes auxquels on ne pense pas, ce sont pourtant des micro-techniques spécifiques et complexes.
Heureusement depuis mars 2017, les médecins peuvent prescrire une activité adaptée aux patients atteints d’une affection longue durée.

 

Des efforts réguliers permettent de réduire les méfaits de la maladie.

Le kinésithérapeute est là pour veiller et enseigner tous les mouvements pour que le sujet garde son agilité.
Il fait exécuter des exercices physiques qui permettent de garder son adresse comme faire tourner des balles dans sa main, faire des exercices d’étirements des doigts, nouer et dénouer des noeuds et il impose des petits efforts comme les assouplissements des bras.

Des exercices réguliers pratiqués chaque jour et même plusieurs fois par jour tiennent une place très importante dans les traitements à long terme. Il s’agit de promenade, de gymnastique ou tout simplement de monter les escaliers.
Ces exercice améliorent la mobilité, préviennent la contracture des tendons, favorisent la circulation sanguine et surtout libèrent et stimulent l’esprit.
Pour exécuter les gestes un peu plus difficiles, le kinésithérapeute apprend au malade à adapter sa posture pour qu’elle soit bien équilibrée.
Il faut réaliser les mouvements avec le plus d’amplitude possible même pour les gestes minutieux comme lacer ses chaussures.
Le manque d’exercice ne fait qu’accentuer la progression de la maladie.

 

Dans tous les cas, il faut décider de s’adapter car les simples gestes risquent de devenir difficiles à réaliser comme tourner une clé dans la serrure, couper ses aliments, tourner la tête ainsi que d’autres gestes qui paraissaient simples à exécuter.
Il faut chercher des aides techniques concrètes pour redonner du plaisir à accomplir des activités quotidiennes.
Aucune honte ne doit s’installer, il suffit de formuler : “c’est difficile pour moi, je le fais autrement”.
Une simple pince peut aider à manipuler des petits objets. Les gestes sont aussi plus simples lorsque l’on installe des systèmes de fixations pour immobiliser les objets et mieux les utiliser. Un allume gaz est plus simple que des allumettes ou un briquet. Le poivrier et la salière électriques sont aussi plus simples d’utilisation.
Il ne faut pas hésiter à détourner l’utilisation des objets pour rendre les gestes plus simples.
Par la volonté d’employer de nouveaux moyens, il est tout à fait possible de conserver sa dextérité.